Présentation des œuvres chantées :
VIVALDI a vécu et travaillé une grande partie de sa vie à Venise. Son emploi le plus connu est celui qu’il occupait auprès de L’Ospedale della Pietà, sorte d’orphelinat-conservatoire pour jeunes filles. Pour cette institution vénitienne, il a composé de nombreuses œuvres. C’est le cas du Gloria écrit en 1713 à destination de ce chœur de jeunes filles (et bien que le manuscrit soit pour un chœur mixte !).
La particularité de l’écriture de Vivaldi est l’usage, dans ses compositions religieuses, de procédés plus utilisés dans les opéras ou dans ses concertos : épisodes symphoniques, airs de bel-canto, virtuosité instrumentale, vigueur tonale. Son écriture utilise aussi des procédés simples : accords parfaits, gammes, notes répétées, rythmes brisés, syncopes, ce qui rend sa musique facilement accessible à tous et si populaire.
GLORIA :
Le Gloria est une partie de la messe, souvent détachée pour former un tout en soi. Comme toutes les œuvres écrites pour La Pietà, le Gloria confirme le désaffection de Vivaldi pour le style fugué ancien (que l’on ne retrouve que dans la fugue finale). Il utilise le plus souvent des procédés d’écriture issus de l’opéra : les exécutants doivent, par exemple, faire montre de virtuosité, pour souligner certains mots du texte, dans les traits de bel canto.
Le Gloria, comme ses œuvres instrumentales, est placé sous le signe des contrastes et des rythmes pointés. On note, dans l’ensemble, une incroyable variété : à une fragile voix soliste succède la masse d’un chœur à l’unisson, un enchaînement d’accords rompt un passage polyphonique, une ligne mélodique fluide en valeurs longues se superpose à des notes brèves…
Le tout dégage un sentiment religieux enthousiaste et joyeux qui explique l’extraordinaire succès de cette œuvre auprès du public.
DIXIT-DOMINUS :
Très différent est le Dixit Dominus pour double chœur et double orchestre. La Basilique St Marc de Venise possède 2 tribunes opposées qui se prêtaient à la tradition de «cori spezzati» (chœurs opposés). Cette possibilité de spatialisation de l’espace musical avait été déjà utilisée par les prédécesseurs de Vivaldi comme Adrian Willaert, Andrea et Giovanni Gabrielli, ainsi que Claudio Monteverdi.
Le Dixit utilise le texte du psaume 109. Il y est question de la puissance de Dieu, de la dignité du fils de Dieu et de la colère divine qui n’hésitera pas à briser les têtes… Il a été composé en 1720 par Vivaldi pour Rome. Les solistes masculins, contraires aux habitudes de la Pietà, en témoignent.
On constate un retour aux habitudes polyphoniques plus proches des habitudes romaines que vénitiennes. On y retrouve, également, le principe, cher à ses habitudes, de l’alternance : tempi rapides et lents, chœurs volubiles et d’autres de faible ambitus, proches du grégorien, airs de bel canto et airs solennels. L’accompagnement orchestral fait usage, souvent, du procédé de l’écho.
Précédé par les trompettes du Jugement Dernier, le Judicabit illustre les prédictions les plus noires (il entassera les cadavres, il brisera les têtes) par une fugue violente tout à fait saisissante.
Cette œuvre offre un regard inhabituel sur Vivaldi, souvent considéré, avec mépris, comme un compositeur de divertissement : il se trouve à y être l’égal d’un Jean-Sébastien Bach.
Dates et lieux probables des concerts :
(à confirmer)
Poitiers : 6 octobre
La Rochelle : 8 octobre
Niort : 10 ou 11 octobre
Mérignac : 12 octobre

